STRATIGRAPHIQUES (CORRÉLATIONS)


STRATIGRAPHIQUES (CORRÉLATIONS)
STRATIGRAPHIQUES (CORRÉLATIONS)

STRATIGRAPHIQUES CORRÉLATIONS

L’étude de l’histoire de la Terre enregistrée dans les strates sédimentaires (stratigraphie) repose sur deux démarches méthodologiques: celle qui établit un découpage chronologique aussi détaillé qu’il est possible et celle qui permet de relier les dépôts contemporains ou d’âge différent entre des sites plus ou moins éloignés. Les moyens de corrélation (géochronologiques, lithologiques, paléontologiques) n’ont pas une précision égale ni surtout un champ d’application identique; c’est pourquoi on a eu tendance à les hiérarchiser tant qu’on n’a pas compris que leur valeur dépend d’abord des conditions d’emploi: corrélations locales ou à grande distance, corrélations précises ou approximatives, à travers les continents ou les océans.

Les corrélations géochronométriques (ou géochronologiques), par la méthode des âges isotopiques, sont souvent considérées comme les seules valables. Il est vrai que, pour les sédiments métamorphisés, l’absence de fossiles conservés et la complexité des déformations en font le dernier recours. Mais c’est oublier trop vite les limites de la méthode et, notamment, l’incertitude sur la signification de l’âge obtenu. L’usage des anomalies paléomagnétiques fournit, dans le cas des coulées sous-marines, des séquences tout à fait correspondantes d’un flanc à l’autre des rides océaniques; leur étalonnage géochronométrique permet une reconstitution précise des stades successifs de l’expansion des océans.

Les corrélations lithostratigraphiques supposent que les mêmes dépôts se sont sédimentés de façon uniforme sur une assez vaste étendue, ce qui n’est que très rarement le cas. L’obliquité des faciès, la diversité des conditions de milieux contemporains sont un obstacle à l’emploi de la lithologie comme agent de corrélation rigoureux; cependant, à l’intérieur d’une carrière, la nature d’une couche particulière constitue souvent un moyen sûr de corrélation dont la précision est très satisfaisante à l’échelle considérée.En revanche, la faible extension du dépôt de cette couche ne permettra pas de l’utiliser à l’échelle du bassin. La précision d’une phase climato-sédimentaire (biorhexistasie, glaciation) est bien moindre, mais elle peut assurer une corrélation approchée, autrement impossible, entre bassins voisins. Dans certains cas, on est arrivé à privilégier tellement la notion de corrélation lithologique qu’on en est venu à renoncer à celle de corrélation chronologique: on considère alors la formation, unité lithostratigraphique, comme un corps sédimentaire, défini exclusivement par son faciès. Lors des transgressions lentes, les faciès littoraux grossiers qui se déplacent progressivement pourront donc constituer une formation distincte de celle qui correspond aux argiles déposées en même temps, mais plus au large.

Les corrélations biostratigraphiques furent longtemps les seules admises en stratigraphie. Chaque subdivision de l’histoire de la Terre étant caractérisée par sa faune ou sa flore propres, fruit toujours renouvelé de l’évolution biologique, les fossiles permettaient non seulement de reconnaître les dépôts contemporains, mais aussi d’apprécier la position relative de dépôts d’âge différent. Cela reste en principe exact, mais, dès qu’on se place à l’échelle d’un bassin, il faut tenir compte des fossiles de faciès, qui ne caractérisent guère qu’un milieu de vie. En outre, la vitesse d’évolution lente des organismes est très variable, à tel point dans certains cas qu’elle ne permet pas de distinguer des formes paléozoïques de celles du Tertiaire. On a donc sélectionné parmi les organismes marins à grande vitesse d’évolution des groupes de large diffusion pour les corrélations à grande distance: formes planctoniques (foraminifères, nannoplancton surtout algaire) et formes nectoniques (ammonites, squales). Enfin, d’une province paléobiogéographique à l’autre (les côtes occidentales et orientales de l’Amérique, par exemple), il peut n’y avoir aucune relation directe. Il faut alors utiliser les organismes continentaux pour établir les corrélations (vertébrés, mollusques, charophytes). Les corrélations biostratigraphiques ne peuvent garantir la précision de l’étage, et surtout de la zone, que si des communications aisées et permanentes ont relié les secteurs considérés; c’est-à-dire tant que l’on reste à l’intérieur des aires de migrations instantanées ou suffisamment rapides pour que leur durée soit jugée négligeable vis-à-vis de la vitesse d’évolution du groupe qui sert de référence.

La rareté locale ou les difficultés d’emploi des fossiles ont conduit certains auteurs à revendiquer, pour chacun des modes de corrélation, le droit de justifier sa propre stratigraphie. On distingue donc la lithostratigraphie, la biostratigraphie et la chronostratigraphie, dont les références historiques (stratotypes) et la nomenclature (par exemple, étages, séries et systèmes pour la chronostratigraphie; membres, formations et groupes pour la lithostratigraphie) seraient parallèles et non subordonnées.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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